On recense quelque cinq cents lettres écrites par Kant lui-même ou ses correspondants dans la traduction française de cette correspondance publiée par les éditions Gallimard en 1991.

Mais seules onze de ces missives concernent le beau sexe : Kant adressa quatre lettres à des femmes (une à l'impératrice Elisabeth de Russie en 1758 pour solliciter une chaire de logique et de métaphysique à l'Université de Königsberg laissée vacante par le feu Professeur ordinaire Kypke, chaire qu'il n'obtint finalement pas, une autre à la princesse Catharina Daschkow en 1795 pour la remercier de l'avoir nommé membre externe de l'Académie des Sciences de Saint-Pétersbourg).

Les deux dernières n'ont pas la noblesse des précédentes dans la mesure où elles sont adressées à une roturière prénommée Maria von Herbert et leur contenu est loin de ressembler à ce qui précède. Cette jeune femme adressa une première lettre "enflammée" au philosophe en août 1791 et une seconde qui ne l'est pas moins en janvier 1793. Elle vivait à ce moment-là à Klagenfurt dans la maison de son frère, le manufacturier et philosophe Franz Paul von H.. Elle quitta la maison de son frère en août 1802 pour se donner la mort à l'âge d'environ 33 ans en se jetant dans le fleuve de la Drau le 23 mai 1803 après avoir mis de l'ordre dans ses affaires et organisé une fête chez elle.

Kant ne répondit qu'à la première. Il avoua par la suite à son ami Borowski qu'il avait tout de même trouvé cette lettre plus intéressante que beaucoup d'autres car "il y était question de vérité et de véracité".

Nous reproduisons ici cet échange qui ne laissa donc pas Kant indifférent malgré sa piètre opinion des femmes.

 Maria