Kant confiera à Johann Gotthelf Lindner le 28 octobre 1759 :

" Pour ma part, je suis chaque jour devant l'enclume de mon pupitre et je manie du même rythme le lourd marteau des mêmes cours. De temps en temps, je ressens un penchant de nature plus raffinée qui m'entraîne ailleurs, et me pousse à m'étendre quelque peu au-delà de cette sphère étroite, mais le manque, qui me saisit aussitôt de sa voix impérieuse et me tient à vrai dire toujours sous ses menaces, me renvoie sans détour au dur labeur... intentat angues atque intonat ore1.

Etant donné l'endroit où je me trouve et le peu d'ampleur de l'excès que je m'accorde, je me satisfais finalement du succès qu'on veut bien m'accorder, ainsi que des avantages que j'en retire ; et je passe ma vie à rêver."

 1 " Il me présente des serpents et sa voix tonne contre moi.", Virgile, Enéide, VI, 572 et 607.

Extrait n° 8 : Les " Rêves d'un visionnaire expliqués par des rêves métaphysiques "

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