Gravure de Johann Friedrich Bause (1738-1814).

Page de garde de l'ouvrage Histoire générale de la nature et théorie du ciel.

Johann Gottfried Herder (1744-1803).
Il  fut élève de Kant à Königsberg de 1762 à 1764.Voici le portrait qu'il traça de son maître :

" J'ai eu le bonheur de connaître un philosophe qui était mon maître. Il était alors dans tout l'éclat de l'âge, et il avait une gaîté alerte de jeune homme qui l'accompagne encore, je crois, dans ses années de vieillesse. Son front découvert, taillé pour la pensée, était le siège d'une sérénité et d'une joie inaltérables ; de ses lèvres coulaient les discours les plus riches en idées ; plaisanterie, esprit, verve, tout cela était docilement à son service, et ses leçons étaient le plus intéressant des entretiens. Le même esprit qu'il employait à examiner Leibniz, Wolff, Baumgarten, Crusius, Hume, à scruter les lois de la nature chez Newton, Kepler, les physiciens, il l'appliquait à interpréter les écrits de Rousseau qui paraissaient alors, l'Emile et La Nouvelle Héloïse, au même titre que toute découverte physique qui venait à lui être connue. Il les appréciait, et il revenait toujours à une connaissance de la nature libre de toute prévention, ... ainsi qu'à la valeur morale de l'homme. L'histoire de l'homme, des peuples, l'histoire et la science de la nature, l'expérience, telles étaient les sources où il puisait de quoi alimenter ses leçons et ses entretiens. Rien de ce qui est digne d'être su ne lui était indifférent ; aucune intrigue, aucune secte, aucun préjugé, aucun souci de renommée ne le touchait en rien, auprès de la vérité à accroître et à éclaircir. Il excitait les esprits et les forçait doucement à penser par eux-mêmes ; le despotisme était étranger à son âme. Cet homme, que je ne nomme qu'avec la plus grande reconnaissance et le plus grand respect, est Emmanuel Kant : son image, je l'ai toujours, pour ma joie, sous les yeux."

Briefe zur Beförderung der Humanität, lettre 79, Ed. Suphan, XVII, p. 404 ; traduit par Victor Delbos dans La Philosophie pratique de Kant, Paris, Alcan, 1926, p. 48.

Extrait n° 7 : la méditation

Retour au sommaire