On ne peut pas dire que Kant soit ce qu'on appelle communément un bon épistolier.

Ses multiples correspondants sont là pour en témoigner et parfois s'en plaindre, comme son frère Johann Heinrich Kant qui, le 4 janvier 1778, n'hésite pas à lui écrire : "Il m'est tout à fait agréable de pouvoir ainsi te rappeler en franchise postale que ton frère vit encore, et de pouvoir recevoir de toit et des membres de la famille quelques nouvelles au bout de trois ans (car j'espère que tu ne vas pas manquer de m'écrire par le prochain courrier, je l'espère avec beaucoup d'impatience)."

Cependant, lorsqu'il se décide à écrire, certaines de ses lettres les plus célèbres (celles adressées à Marcus Herz ou à Lambert par exemple) valent de l'or : elles permettent en effet de mieux éclairer certains points de sa doctrine.

Malgré tout, il est un domaine que Kant n'affectionne pas particulièrement : la confidence. Il ne s'est jamais beaucoup confié et on trouvera peu de choses intimes dans ses lettres, excepté quelques allusions sur sa santé et sur ses modes alimentaires.

Avant d'évoquer ces points, je commencerais par en évoquer un autre sur lequel on sent le vieux sage de Königsberg mal à l'aise...

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